Les adjuvants utilisés dans les vaccins sont-ils dangereux ? NON

Les adjuvants sont utilisés dans certains vaccins pour augmenter la réponse immunitaire et réduire le nombre de doses nécessaires. Le thimérosal, un dérivé du mercure connu pour être neurotoxique, a ainsi été accusé de favoriser l'autisme chez les jeunes enfants. Mais les doses utilisées (entre 0,003 % et 0,01 %, soit au maximum 25-50 ug/dose) sont notoirement insuffisantes pour un quelconque risque de toxicité, explique l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Autre adjuvant mis en cause : l’hydroxyde d’aluminium, accusé de provoquer des lésions musculaires (myofasciites à macrophages). Problème : les études épidémiologiques sur le sujet semblent souffrir de nombreux biais statistiques et la maladie semble étonnamment une spécificité française, alors que ces sels d'aluminium sont utilisés dans le monde entier. De plus, l'aluminium injecté par voie intramusculaire est pour l'essentiel éliminé rapidement, note le Haut Conseil de santé Public dans un rapport de 2013

Les vaccins favorisent-ils l’autisme? NON

En 1998, la revue "The Lancet" publie une étude indiquant que la vaccination ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) pouvait favoriser l'apparition de troubles autistiques chez les enfants; elle a été retirée depuis pour falsification.

Les mouvements antivaccins s'appuient aussi sur l'augmentation du taux d'enfants diagnostiqués autistes (la prévalence est passée de 1 sur 5.000 à 1 sur 68 entre 1975 et 2010), qu'ils mettent en parallèle avec la généralisation de la vaccination. En réalité, il n'y a pas de réelle augmentation des cas, mais des critères de diagnostic plus larges, explique notamment Franck Camus, directeur de recherche au CNRS. Au final, plusieurs études épidémiologiques portant sur ces centaines de milliers de cas n'ont trouvé aucune corrélation entre vaccination et autisme.

Les vaccins empêchent-ils le corps de se protéger naturellement?  NON 

Certains pensent qu'il est préférable d'attraper la grippe ou les oreillons plutôt que de passer par le vaccin, afin que le système immunitaire développe des défenses sur le long terme. En réalité, le vaccin agit de la même manière que l'infection elle-même : il stimule la production d'anticorps spécifiques contre le virus ou la bactérie, ce qui nous protège si notre corps rencontre par la suite ce microbe. Le vaccin étant spécifique à chaque maladie, il n'a aucun effet sur les autres pathogènes extérieurs. Les 150 antigènes que l'on trouve dans les vaccins représentent une goutte d'eau dans l'océan des 10.000 milliards de bactéries et virus qui nous entourent et contre lesquels notre système immunitaire répond en permanence depuis notre naissance. De plus, mêmes des maladies que l’on croit bénignes comme la grippe peuvent s'avérer mortelles en cas de complications.

La vaccination contre une maladie quasi-disparue dans mon pays est-elle inutile? NON

Si certaines maladies sont devenues rares dans certaines contrées, il n’empêche que les agents infectieux, qui en sont responsables, eux, n’ont pas disparu partout. De plus, ils ne s’arrêtent pas aux frontières et dans un monde où les déplacements sont facilités, ils se propagent d’autant plus rapidement. Le cas de cette famille de touristes français qui a apporté la rougeole au Costa-Rica alors que le pays s’était débarrassé de cette infection virale est toujours présent à l’esprit.

D’ailleurs, la rougeole, qui avait quasiment été éradiquée en France, a fait un retour en flèche ces 15 dernières années. En 2018, une épidémie record avait été constatée dans l’Hexagone et en Europe. Il existe pourtant un vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole), obligatoire en France depuis le 1er janvier 2018. Il est le meilleur moyen de prévenir cette maladie qui peut s’avérer fatale. Mais d’après Santé Publique France, il faudrait qu’ « au moins 95% de la population des jeunes enfants et jeunes adultes nés depuis 1980 aient reçu les deux doses de vaccin ». Ce qui est loin d’être le cas puisque 8 malades de la rougeole sur 10 n’ont jamais été vaccinés, en France comme ailleurs (chiffre Centre européen de prévention et de contrôle des maladies).

Les vaccins ont-ils des effets secondaires ? OUI

Comme n'importe quel médicament, les vaccins peuvent entraîner des effets secondaires, comme des rougeurs locales ou de la fièvre (environ 2 % à 15 % des cas selon l’OMS), mais ils sont généralement bénins et de courte durée. De très rares cas d'allergie sont toutefois possibles : le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) peut ainsi provoquer des chocs anaphylactiques (3,5 à 10 cas sur un million de doses injectées) ou des convulsions fébriles. Au final, les avantages de la vaccination dépassent largement les risques, rappelle le site Vaccination Info Service. Il existe toutefois des contre-indications, par exemple chez les personnes suivant un traitement immunosuppresseur ou en cas d'allergie connue à l'un des adjuvants. Les vaccins vivants atténués sont également déconseillés aux femmes enceintes

Sources: Haut Conseil de Santé publique (HCSP), Agence Nationale de Santé du Médicament (ANSM), Vaccination-info-service

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Les idées reçues sur la vaccination